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AMP-Assistance Médicale à la procréation


AMP pour couple à risque viral

L’arrêté du 10 mai 2001 définit les modalités de la prise en charge en AMP des patients à risque viral, c’est-à-dire des couples dont l’un ou l’autre des deux conjoints, et parfois les deux, sont porteurs du virus du SIDA, de l’hépatite C ou de l’hépatite B (respectivement virus VIH, VHC, VHB).

Suivant les prescriptions de cet arrêté, en pratique, la prise en charge des couples à risque viral ne peut être envisagée que si les conditions suivantes sont respectées :

– le conjoint porteur du virus doit être dans un état immunologique et/ou hépatique satisfaisant et doit donc présenter des bilans cliniques et biologiques récents répondant à des critères médicaux précis et très stricts.

– si le sperme présente un risque viral, il doit être traité de manière à être décontaminé en utilisant une technique particulière parfois appelée technique de « lavage ». Après « lavage », la préparation finale de spermatozoïdes « lavés » est congelée dans des paillettes de haute sécurité puis analysée de manière à confirmer l’absence de virus après traitement.

Si l’absence de virus est confirmée, le sperme congelé pourra être utilisé par la suite, soit au cours de cycles d’insémination intra-utérines (IIU), soit au cours de cycles de Fécondation in Vitro (FIV), ou de d’Injection intra-cytoplasmique (ICSI). Le choix de la technique utilisée (IIU, FIV ou ICSI) est déterminé en fonction de la qualité des paillettes de spermatozoïdes « lavés », mais aussi en fonction du statut gynécologique de la conjointe, et du type de virus en cause.

Il faut noter que la fraction initiale de plasma séminal (fraction liquide du sperme qui baigne les spermatozoïdes avant leur « lavage ») est elle aussi analysée sur le plan viral avant le « lavage ». Elle doit contenir moins de 10000 copies/mL pour ce qui concerne le virus VIH. Si ce nombre de copies est dépassé, le sperme ne sera pas utilisé et sera détruit, même si la fraction finale de spermatozoïdes « lavés » ne contient pas de virus.

– La prise en charge des patients à risque viral nécessite une organisation particulière du laboratoire d’AMP à risque viral : les spermes et les ovocytes manipulés doivent suivre un circuit différent de celui utilisé pour les patients sans risque viral. En pratique, il s’agit soit de réserver le laboratoire à certaines périodes de l’année pour traiter les couples à risque viral et cesser en même temps l’activité AMP sans risque viral, soit de dédier un laboratoire exclusivement aux patients à risque viral.

– Dans certains centres, les couples à risque viral bénéficient d’une consultation avec un psychologue.

– L’acceptation finale du dossier ne peut être obtenue qu’au cours d’une réunion multidisciplinaire réunissant des médecins spécialistes en infectiologie, en médecine de la reproduction et en biologie de la reproduction.

– Le consentement éclairé et signé par le couple est obligatoire pour mettre en oeuvre ces techniques spécifiques au risque viral qui permettent de réduire les risques qui cependant ne sont pas nuls.