Lutter contre le surpoids et l’obésité infantile ?

Obesité infantile et surpoids

Véritable fléau des temps modernes, le surpoids et l’obésité infantile sont en constante augmentation dans le monde. À l’origine de maladies graves, l’épidémie d’obésité est devenu un défi sanitaire. Concrètement, quelles en sont les causes et les répercussions ? Comment lutter contre la surcharge pondérale de l’enfant ? Ce qu’il faut savoir.

Excès de poids chez l’enfant : chiffres et conséquences

Pour qualifier objectivement le poids de votre enfant, calculez son IMC (Indice de Masse Corporelle). Pour cela, divisez son poids (en kg) par sa taille au carré (en m). Si le chiffre obtenu se situe entre 18 et 25, sa corpulence est normale. Entre 25 et 30, votre enfant est en surpoids. Au-delà de 30 il est obèse. En 2016, l’OMS estimait à environ 41 millions le nombre d’enfants de moins de 5 ans en surcharge pondérale à travers le monde.

Généralement, l’excès de poids infantile perdure à l’âge adulte et contribue au développement de certaines pathologies à un âge plus précoce que la moyenne des gens, notamment :

  • Des maladies cardiovasculaires (surtout cardiopathies et Accidents Vasculaires Cérébraux).
  • Le diabète,
  • Des troubles musculo-squelettiques,
  • Certains cancers (endomètre, sein, côlon).

L’apparition de ces maladies dépend en grande partie de l’âge auquel l’obésité est survenue ainsi que de sa durée. Des chiffres de 2005 révèlent qu’à long terme l’excès de poids est responsable d’au moins 2,6 millions de morts annuelles.

Pourquoi les enfants deviennent-ils obèses ?

L’excès pondéral chez l’enfant est un phénomène relativement récent résultant des changements d’habitudes survenus dans la société au cours des dernières décennies. Sa principale origine réside dans le déséquilibre entre les calories ingérées et celles dépensées.

La consommation d’aliments riches en graisses et en sucres qui alourdissent inutilement la balance énergétique, a augmenté. Peu intéressants sur le plan diététique, ils sont hélas pauvres en vitamines, minéraux et autres micronutriments, essentiels à une alimentation saine. Parallèlement, les occupations sédentaires se sont multipliées. Tablettes, smartphones, jeux vidéo sont autant de médias qui engendrent une diminution de l’activité physique. De plus, les modes de déplacement modernes accroissent la passivité dans un environnement de plus en plus urbain.

À l’adolescence, l’appétit augmente de façon normale pour compenser la dépense énergétique suscitée par la croissance. Cependant, le mal-être vécu à l’occasion de cette période charnière peut donner lieu à une alimentation déséquilibrée à laquelle il faut être attentif.

Prévention et lutte contre le surpoids infantile

Heureusement, surpoids et obésité infantile ne sont pas une fatalité. La prévention est le meilleur moyen de les enrayer. Pour cela, le principe de base est simple : atteindre un équilibre énergétique favorable à la santé et susceptible d’être maintenu tout au long de la vie.

Nous pouvons résumer les bons réflexes en 3 points :

Varier l’alimentation et l’enrichir en fruits et légumes, légumineuses et céréales complètes.
Limiter la consommation de graisses et de sucres, en particulier ceux issus de produits industrialisés. Remplacer si possible les graisses saturées par des graisses non-saturées.
Favoriser la pratique d’une activité physique adaptée au développement de l’enfant, au minimum 60 minutes par jour. Il peut s’agir d’exercice sportif, de déplacement actif ou autre.

L’épidémie d’obésité infantile est multifactorielle et ses divers aspects doivent être traités de front. Les politiques mises en œuvre dans les domaines de l’agroalimentaire, des transports, de l’urbanisation et de l’environnement jouent un rôle crucial. La société civile, les ONG et le secteur privé sont des acteurs capables de promouvoir le développement d’habitudes favorables à la santé, économiquement abordables et accessibles à tous.

C’est dans ce but que l’OMS a élaboré sa Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé. Basée sur la prévention, elle vise à réduire l’apparition des maladies et leurs facteurs de risque communs. Cependant, le levier le plus efficace pour solutionner ce problème est sans aucun doute l’éducation.

Quelles mesures mettre en place en tant que parents ?

Contrairement aux adultes, les enfants ne choisissent ni le milieu dans lequel ils vivent ni les aliments dont ils se nourrissent. Ils ne sont pas encore en capacité d’appréhender les conséquences à long terme de leurs actions. Consacrez donc une attention particulière aux principes d’hygiène de vie que vous leur inculquez.

L’adoption d’habitudes saines sera bénéfique pour toute la famille et entraînera des comportements positifs chez l’enfant qui apprend par mimétisme.

Privilégier une alimentation équilibrée

Chez les nourrissons et les jeunes enfants

  • Préférer l’allaitement maternel.
  • Ne pas ajouter de sucre ou de féculents aux préparations pour bébé.
  • Accepter le rythme de l’enfant. Ne pas le forcer à finir son assiette s’il n’a plus faim. Il sait instinctivement ce dont son organisme a besoin.
  • Apporter les éléments nécessaires à une croissance optimale, notamment calcium, fer, vitamines A et D.

Chez les enfants et les adolescents

  • Donner l’habitude de prendre un vrai petit déjeuner tous les jours.
  • Préparer des collations saines (céréales complètes, fruits).
  • Introduire des fruits et des légumes dans tous les repas.
  • Restreindre la consommation de produits industrialisés très caloriques et pauvres en micronutriments. Par exemple, les bonbons et les barres chocolatées.
  • Réserver les boissons très sucrées type sodas pour les moments exceptionnels comme les fêtes. Seule l’eau est recommandée pour l’hydratation et l’accompagnement des repas.
  • Prendre le temps de manger en famille.
  • Apprendre aux enfants à résister aux tentations et pour quelles raisons.
  • Les informer de manière à ce qu’ils aillent d’eux-mêmes vers des aliments bons pour leur santé.

Bouger plus au quotidien

Diminuer les loisirs sédentaires : télévision, jeux vidéo, tablettes, etc..
Inclure des activités physiques à l’emploi du temps familial : promenades, visites ludiques, jeux de plein air, bricolage, etc..
Encourager les déplacements à pied ou à vélo. Pourquoi ne pas effectuer ainsi le trajet vers l’école, si la distance le permet ?

Quelques habitudes simples suffisent à freiner la prise de poids chez l’enfant. En adoptant les bons comportements de bonne heure vous favorisez une meilleure santé et améliorez la qualité de vie de toute la famille.