dernière mise à jour par Solace il y a 3 années et 8 mois
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  • #3848724
    Solace
    Participant

    Bonsoir à toutes,

    Je ne trouvais aucune rubrique dans laquelle écrire ma détresse et je m’excuse d’avance si mon message était mal placé. Quoique je pense qu’ici nous partageons la même envie dévorante d’avoir un petit être chaud posé sur notre cœur tout en devant composer avec l’injustice de la vie qui ne gâte jamais celles qui le désirent le plus.

    J’ai 29 ans et j’ai eu la chance de tomber enceinte 4 fois sauf que je n’ai aucun enfant vivant à ce jour. J’ai fais une IVG à 17 ans car j’étais trop jeune pour avoir un bébé, à 23 ans mon petit garçon est mort à la naissance. A 25 ans, j’ai eu un autre petit garçon qui nous a quitté à l’âge de 2 mois et à 26 ans j’ai fais une fausse-couche. Et depuis je n’ai jamais réussi à retomber enceinte. J’ai d’ailleurs fini par me séparer. Il faut dire que ces 6 dernières années m’ont trop détruite, trop mise par terre, trop tout. Vous allez peut-être vous demander ce que je fais là vu mes antécédents de grossesses, mais qu’importe, la finalité c’est qu’aujourd’hui je suis comme vous, sans enfant et dans l’incapacité inexpliquée de leur donner des frères et soeurs.

    J’ai rencontré un nouveau compagnon et j’ai repris la pilule car j’ai fais un accompagnement en fin de vie et c’était tout simplement, exceptionnellement, pas le moment. Et puis cet été, mon papa, mon pilier, le grand Amour de ma vie encore tout jeune a finalement succombé à sa tumeur au cerveau. Cette envie viscérale, presque vitale de reporter la vie, pour survivre, pour retrouver un sens à mon existence, a ressurgit brutalement. J’en ai parlé à mon compagnon en lui précisant que de toute façon cela pourrait prendre du temps vu que depuis 2 ans il n’y a eu aucune grossesse à l’horizon. Mais il n’était pas aussi pressé que moi et n’a pas souhaité que j’arrête la pilule, il ne voyait pas le rapport entre le décès de mon papa et l’envie d’un bébé. Mais pour moi, c’est comme si son départ avait révélé l’importance d’avoir sa famille, de la valeur de la vie et du temps. Je ne veux plus attendre, perdre du temps, au risque de voir partir d’autres membres de ma famille sans pouvoir leur présenter mes enfants.

    En octobre j’ai été consulté le gynéco pour une visite de routine, j’ai fais une échographie qui montrait chaque ovaire rempli de futurs ovules et le bilan hormonal qu’il m’avait prescrit est revenu bon. Je ne sais pas pourquoi j’avais demandé tous ces examens… Sûrement pour me rassurer et rêver, à défaut d’avoir un bébé, je m’accrochais à l’espoir des possibles et pour être opérationnelle si j’avais un « OUI » de mon chéri pour démarrer les essais. J’ai eu l’impression que dans la tête des médecins comme ça avait marché par le passé c’était : « Il n’y a plus qu’à ! ». Mon gynéco considère qu’il a rempli sa part du job puisque au niveau anatomique les examens n’ont rien révélé d’anormal. Mais alors pourquoi rien ne vient ? En attendant, le calendrier s’égraine, on souffre, le couple s’effrite parfois jusqu’à disparition, la motivation s’étiole et on voit les autres avancer, se construire et agrandir leur famille. Et nous on reste sur le quai. Le train nous a oublié.

    Dans mon entourage, je suis une des seules qui n’a pas d’enfant et c’est très difficile. Mes copines de collège ont toutes un enfant, et la plupart en sont à leur 2ème voire 3ème enfant. Et moi je suis maman seulement dans mon coeur, mais pas aux yeux du monde. La mort a annulé l’existence de mes enfants et toutes ces petites remarques formulées sans intention de blesser comme : « Désolée, je ne peux pas sortir samedi soir, j’ai un bébé qui ne fait pas ses nuits, tu comprendras quand tu seras maman, mais profite de pouvoir encore sortir t’as de la chance ! » les tuent une seconde fois. Pardonnez-moi si je choque mais j’ai envie de leur dire : « Oui et toi tu comprendras quand le tien sera mort que je n’ai pas de chance !! Je préfèrerai avoir ta vie et être réveillée la nuit par les pleurs de mon bébé que par mes propres pleurs. Et si je sors c’est parce que cette putain de vie m’a offert l’exact contraire de ce que t’as eu et que pour continuer de vivre, j’ai besoin de me soûler au propre comme au figuré »

    Alors je reste en marge de tous ces gens qui me blessent avec leur bonheur familial, je fréquente des gens plus jeunes, car les gens de mon âge sont installés dans le confort d’une routine de vie familiale. Je suis en décalage avec eux. On est plus dans le même monde.

    Je me sens nulle, incapable, diminuée. Je n’ai jamais été jalouse des femmes enceintes et des jeunes mamans, même immédiatement après la perte de mes enfants. Au contraire, les voir me donnait de l’espoir dans le fait que parfois les histoires finissent bien et que tout était possible pour moi aussi. Mais aujourd’hui, je leur en veux, elles me renvoient mon incapacité, mon infériorité, ma féminité défaillante puisque je n’arrive pas/plus à porter la vie malgré ma volonté. Et quand je me regarde si envieuse, si sombre et éteinte je me dis pas étonnant qu’aucun bébé n’ait envie que je sois sa maman. J’ai obtenu toutes mes grossesses sans chercher leur venue mais sans m’en vanter pour autant. Il n’empêche que aujourd’hui je me sens « punie » de ces facilités du passé pas assez savourées.

    J’ai bientôt 30 ans et jamais je n’aurais imaginé ma vie comme ça. Je le vis comme un échec et mon homme n’a jamais compris que cette envie devenait viscérale, limite vitale. Il n’a jamais compris que ça me rende malade à ce point, que ça m’obsède autant et encore je me modérais beaucoup pour lui cacher.

    J’en parle au passé parce que je l’ai quitté il y a quelques semaines. Notre relation me rendait insatisfaite en partie à cause du fait qu’il refuse de faire un enfant maintenant car lui trouve que c’est trop tôt entre nous. J’ai commencé à avoir du ressentiment à son égard, je lui en voulais de ne pas comprendre à quel point pour moi c’était important, même nécessaire. Alors j’ai préféré partir et le laisser trouver une femme qui accepterait d’attendre. Moi je n’y arrive plus.

    Je trouve que les hommes sont aussi égoïstes de refuser une maternité à une femme qui le désire ardemment, que les femmes qui leur imposent une paternité non désirée. Eux, ils peuvent faire des enfants jusqu’à leur mort alors forcément ils ne sont pas pressés par le temps. Ils peuvent même nous quitter à 50 ans pour trouver une jeunette bien féconde et nous on sera restées sur le carreau à avoir satisfait les désirs d’un homme toutes ces années sans penser aux nôtres. La mort de mon père m’a appris que je ne ferai plus jamais quelque chose que je n’ai pas envie de faire. Mais comme je ne souhaite pas imposer un enfant à celui qui n’en veut pas, je pense à aller faire un enfant seule à l’étranger, même si j’ai bien conscience que ce n’est pas une démarche facile. Je pense avoir les épaules pour, j’ai été seule toute ma grossesse, pour la naissance et les premiers mois de vie de mon deuxième garçon.

    L’absence d’enfant me bouffe, ça devient une obsession j’y pense du matin au soir, j’ai l’impression de devenir folle. Dans la rue, sur les réseaux sociaux, de partout, je vois ces amies ou ces inconnues enceintes. Et moi, je suis seule avec cette souffrance qui me ronge, avec le souvenir de mes bébés et ce creux dans mon ventre qui ne demande qu’à être habité. D’eux, je n’ai plus que des images dans ma mémoire, des photos et quelques affaires leur appartenant dans deux grandes boîtes, une chacun, en haut d’un placard que je n’ouvre jamais. Partout je vois des jolies choses que j’aurais envie d’acheter mais j’en suis privée car mon ventre reste désespérement vide parce qu’en plus de ne plus y arriver, aujourd’hui je n’ai carrément plus de situation sentimentale.

    J’ai l’impression de ne plus avoir droit au bonheur. Et quand parfois il toque à ma porte, je le rejette car je me dis qu’il ne durera pas. C’est paradoxal. J’aimerai savoir si certaines d’entre vous se reconnaissent dans cet état d’esprit ou si c’est moi qui ai un problème ? Je suis déjà suivie par un psychologue par rapport au décès de mon père, nous avons un peu abordé le sujet des enfants, mais je ne retire que peu de bienfaits de ces séances. Je pense à essayer l’EDMR, l’hypnose, l’acupuncture pour essayer d’apaiser tous ces trauma et cette immense colère envers la vie.

    Je vous remercie de m’avoir lu.

    #3848730
    Yarline
    Participant

    Bonsoir Solace.

    Ton message est tellement important que ça demande du temps pour te répondre, temps que je n’ai malheureusement pas de disponible ce soir.

    Je voulais simplement te dire, pour ce soir, que je t’ai lu. Que ton parcours est d’une difficulté incroyable, et que tu as eu beaucoup de courage de relever la tête et de vouloir avancer.

    J’espère pouvoir répondre plus en détail à ton message si touchant, demain ou jeudi.

    En attendant, sache qu’ici tu seras lu, soutenue et que personne ne te jugera.

    #3848732
    Bou+L
    Participant

    Bonjour Solace,

    Comme Yarline, je suis que de passage rapide ce matin mais j’ai pris le temps de lire ton message de détresse. Je ne vois pas ce que je pourrais te dire à part que je suis impressionnée de la force que tu as. La vie ne t’a pas épargné et je te souhaite qu’elle te sourisse enfin.

    Concernant ce mal, manque d’enfant, tu es sur le bon forum, on a toute besoin d’exprimer notre rage, incompréhension ou joie ici. Je n’ai jamais perdu d’enfant donc je ne peux pas comprendre ta douleur. En revanche je ne suis jamais tombée enceinte et je sais ce que c’est que de devoir sourir aux autres qui t’annoncent une grossesse ou naissance alors que tu as envie de pleurer.. moi aussi je vois des femmes enceintes de partout dans la rue, à la tv, à mon boulot.. c’est comme une claque à chaque fois, comme si la vie nous narguait. Voilà, je voulais juste te dire que ces sentiments sont « normaux » lorsqu’ on vit tout ça. J’espère que tu trouveras la solution qui sera la plus adaptée à toi.

    #3848737
    bb_soleil
    Participant

    Bonjour Solace,

    Je t’ai lu , ton appel me transperce. Les filles qui t’ont répondus sont au top, on a l’occasion d’échanger sur des posts et comme elles te l’ont dit tu es au bon endroit ici, sans jugement. La vie ne t’as effectivement pas fait de cadeau, du moins si à plusieurs reprise Mais la vie si gentille te les as repris… ce sentiment de punition est légitime et emprunt de culpabilité cependant tu n’es pas fautive. J’ai du mal à trouver les mots tant ton histoire est dure et tant je me retrouve dans certains aspect. Comme toi, mon papa est mon précieux, mon pilier et pourtant notre relation a été si compliqué. Comment être père quand on quitte son pays à 18 ans sans ses parents , sans rien, on n’est qu’un enfant, comment être père quand on perd le sien à à peine 30 ans. Aujourd’hui mon père est à la hauteur de ce que j’ai tjr attendu de lui, dans les moments les plus sombres de ma vie il sait être là. J’ai 31 ans, le bonheur d’avoir un enfant de 6 ans, en l’état actuel des choses mon mari ne peut plus avoir d’enfant , alors pourquoi, comment on ne sait pas encore et on attend. Mais ce désir, ce vide est bien là lui aussi. Aussi bien chez moi que pour mon mari. Ce sentiment de punition est là lui aussi, de se dire qu’est ce que nous n’avons pas su apprécier ? Pourquoi ? Oh oui, je sais rien de comparable avec toi je le sais, mais tout cela pour te dire que tes sentiments sont légitimes et normaux. Alors je vais surement faire sourire les filles, mais je vais t’écrire ce que mon papa m’a dit  » rien ne console le fait de ne pas avoir d’enfant, c’est comme si on t’enlevait ce pour quoi tu existes  » . J’ai trouvé ses mots tellement juste, surtout venant d’un homme, car on a toujours cette image qu’un homme ne saura jamais ce qu’est de porter la vie, mais le mal d’aimer, le mal d’enfant n’en reste pas moins présent. Alors oui si tu te sens d’aller à l’étranger, pour vivre ce bonheur encore une fois, pour donner 1 frère ou une soeur à tes anges, fais le. Sois en accord avec toi.

    Je ne sais pas si tu écris, mais tu as une façon de coucher les mots, c’est beau, les mots utilisés, Jai eu l’impression de pouvoir parcourir la vie que tu décris. Je t’embrasse

    #3848773
    Solace
    Participant

    Je vous remercie de m’avoir lu et répondu.

    C’est terrible à dire dans ce contexte mais cela fait du bien de voir que l’on est pas seule, ni folle. J’ai toujours pensé que ce qui rapprochait le plus les gens dans leur intimité et dans toute leur fragilité ce n’était pas les moments de joie mais les combats, secrets ou non, et le chagrin commun.

    Ce soir en rentrant, j’ai eu un spleen terrible, je suis restée une heure dans mon bain à regarder des vidéos de mon Papa en pleurant avec un immense sentiment de gâchis. Je l’avais inclus dans tous mes projets futurs comme on est légitimement en droit de le faire à 29 ans et quand on a encore rien construit. C’est très dur de se dire qu’il faut accepter de laisser le temps gommer quelques souvenirs et en même temps j’ai si peur de le faire, c’est par cette plaie béante qu’il vit. J’ai aussi eu envie d’ouvrir les caisses de mes enfants restées closes depuis longtemps, de toucher leurs petites affaires, certaines jamais déballées. Et rêver qu’un jour elles puissent être reportées ou portées pour la première fois. Ce serait le plus beau pied-de-nez que je puisse faire à la vie.

    Je te remercie bb soleil, j’ai beaucoup écrit à la mort de mes enfants, pour moi, et pour celles et ceux qui ne sont pas encore nés. L’écriture m’a servi d’échappatoire dans des moments de noirceur extrême. J’avais l’impression que le fil n’était pas coupé avec eux quand j’écrivais et ça m’obligeait à faire cet effort sur ma mémoire pour garder leur souvenir frais et vivant. Surtout, je voulais me faire témoin de leur passage éclair auprès de leurs frères et soeurs qui viendront un jour, je l’espère. Après tout, cela fera partie de leur histoire à eux aussi. La courte vie de ces aînés tient sur quelques pages et restera à leur disposition si jamais ils ressentaient l’envie ou le besoin de les lire lorsqu’ils seront plus grands. Mais nous n’en sommes pas là.

    Je vous remercie de votre empathie, mais vous savez, il ne s’agit pas de hiérarchiser ou quantifier la peine. Perdre un enfant, c’est vrai, c’est l’horreur d’une vie, c’est un non-sens absolu, une anomalie de la nature. Mais ne pas parvenir à être mère alors que c’est la chose la plus évidente au monde, c’est pareil, c’est illogique, c’est pas prévu comme ça. Chacune porte en elle « son pire » au travers de ses blessures personnelles plus ou moins anciennes et aux motifs divers qu’il faut panser avec des outils, là encore, différents selon les ressources et la sensibilité de chacune. La remarque de ton Papa est d’ailleurs très juste bb soleil, ce qu’il dit est très beau et très vrai.

    Vous semblez « apaisées » dans vos discours malgré vos parcours compliqués que j’ai pu lire dans vos signatures. Moi, cette souffrance me transforme. Je deviens aigrie, auto-centrée sur ma peine, je deviens quelqu’un que mon ancien compagnon n’aimerait pas et c’est l’un des motifs que je lui ai donné aussi. J’ai honte de ce que je deviens au fil des jours et je ne veux pas qu’il me voit ainsi. Mon coeur se ferme aux annonces de grossesse, aux naissances, aux joies des autres en général, c’est comme si j’étais tellement à bout de souffrir que je n’étais plus capable de me réjouir, plus capable de ne rien ressentir sinon mes propres manques. Je n’ai jamais été comme ça, j’ai toujours célébré la vie et les grands bonheurs avec sincérité et enthousiasme.

    Je ne me sens plus à ma place dans ce monde devenu trop grand et inadapté aux sans-enfants. Tout nous rappelle – si besoin est de le rappeler – ce que nous ne sommes pas, plus. Au travail, dans la rue, à la télé, sur les réseaux sociaux… J’ai l’impression qu’on ne devient valable et crédible aux yeux des autres qu’en accédant au statut de parent. Cela est d’autant plus difficile quand on l’a été mais que pour les gens ça ne compte pas, parce que les enfants sont physiquement absents.

    Comme certaines ici, cette infertilité est totalement inexpliquée. Pardonnez-moi, mais limite j’aurais préféré qu’elle le soit comme ça on aurait eu quelque chose à régler, un truc à traiter. Là on combat un ennemi inconnu, invisible et probablement inexistant. Comme vous j’imagine, j’ai aussi eu droit à toutes les phrases agaçantes du type : « C’est psychologique, tu y penses trop ! » « Tu es jeune, ça va venir », « Vous voulez la notice ? ». Et comme vous je me suis questionnée : Ai-je été trop désinvolte par le passé ? Ai-je vécu ces grossesses avec évidence comme si tout était acquis si bien qu’aujourd’hui la vie me montre que je me suis trompée ? Ai-je oublié de la remercier pour tout ce que j’avais, bienheureuse ignorante que j’étais, et est-ce pour ça qu’elle a changé d’avis ? Des questionnements empreints d’une notion très judéo-chrétienne du « Dieu punitif ». Il faut un coupable à ce qu’on ne maitrise pas. Je me suis même demandée si je n’étais pas punie pour mon IVG d’adolescente. Déjà je m’étais demandée à la mort de mon deuxième enfant : Qu’ai-je encore à apprendre que je n’aurais pas déjà appris par la mort de son frère ? J’ai arrêté de chercher une réponse. Je ne comprend pas la vie.

    Je vous souhaite une belle nuit et vous remercie encore.

    #3848782
    fanyfanou
    Participant

    Solace, je me joins aux filles pour t’apporter tout mon soutien.

    J’ai vécu aussi ce mal d’enfant, cette incompréhension, cette sensation de ramer à contre courant, les remarques à la con, l’amertume face aux autres et leur grossesse. Même maintenant, malgré la naissance de ma puce il y a  3 ans, j’ai toujours un pincement au cœur face aux annonces. Je ne suis pas en infertilité, je suis « juste » vieille…  J’ai aussi perdu mon papa vers mes 30 ans ( je ne me souviens plus de l’année, j’ai occulté). Il restera toujours présent en moi, j’en ai fait une force. Bref, je m’égare …

    Tes mots / maux me touchent beaucoup, j’en ai les larmes aux yeux. Je te dirai juste de foncer réaliser ton rêve à l’étranger, mais peut être faut il mettre de « l’ordre » dans ton cœur et sentiments avant ? Pourquoi ne pas tenter la kinésiologie? J’en ai entendu du bien.

    J’espère ne pas être trop maladroite.

    Je t’envoie des câlins.

    #3848786
    bb_soleil
    Participant

    Bonjour Solace,

    J’ai gueté une réponse de ta part un bon moment, car j’avais sans doute envie de parcourir ta vie à travers tes mots. Je ne me réjouis pas de ton malheur loin de là, mais tes mots, du moins certains pourraient être les miens, que tu oses les coucher sur le papier, les penser, les dire alors que moi j’ai honte de les penser. Apaiser, c’est tout ce que je ne suis pas, la colère m’amine, le mal de ce vide. Loin de moi l’intention de comparer ta peine, ni ta vie avec la mienne, car comme tu l’as si bien dit, chacun « son pire », et ça tu vois la plupart des gens ne le comprennent pas et d’ailleurs les remarques vont avec, et tu les as parfaitement citées. La phrase qui me fais le plus de mal c’est :  » la vie continue » ! Oui mais oui, évidemment. Cette phrase dénuée d’empathie, de sens, de logique. Chacun doit pouvoir vivre sa peine comme il l’entend et à la hauteur de ses sentiments.

    Quand tu parles du « Dieu punitif « , Jai suivi une conférence d’un anthropologue, sur la croyance ancrée dans les gènes et mémoires, quant à désigner dieu ou une force quelconque comme responsable de ses maux. Quand la vie s’acharne à donner le pire, à détruite notre âme quoi de plus normal que de chercher le responsable, l’origine du mot maladie est lui même une preuve que l’homme cherche un responsable qui n’est pas lié à ses actions, maladie = mal a dit !!!, pourtant la question qui revient est  » qu’ai je fais pour mériter ça?

    As tu vécus ta grossesse, comme si c’était normal d’être enceinte, as tu oublié de remercier de tous ces bonheurs ? Peut être, oui sûrement, mais non, non tu n’es pas punis, car celui qui ne croit pas n’aurait pas d’enfants, celui qui fait du mal n’en n’aurait pas non plus. Et je serais coupable aussi !!!

    #3848787
    bb_soleil
    Participant

    Je te souhaite de réaliser ton voeu le plus précieux , de tenir cette petite vie dans tes bras, contre ton coeur, dans le sens logique de la vie. J’ai aimé te lire vraiment, je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens, je serais bien trop maladroite. J’espère pouvoir te lire de nouveau bientôt. Bonne journée

    #3848789
    Yarline
    Participant

    Bonjour,

    J’essaie de prendre le temps de te répondre du mieux que je peux. En tout cas avec sincérité.

    Il est difficile de trouver les mots pour qualifier ton parcours de vie. Terrible, difficile, douloureux… mais je pense percevoir en te lisant qu’une force incroyable t’habite. Malgré toutes les épreuves que tu as du traversé tu as cette envie, cette énergie de vouloir te sortir de ce tourbillon d’infortune. Tu as toute mon admiration.

    Comme je te comprends quand tu dis que tu te sens nulle et diminuée de ne pas avoir d’enfants auprès de toi. Effectivement tout nous rappelle que nous ne sommes pas mère à la trentaine. Je suis toute aussi envieuse des femmes enceintes, intérieurement je les insulte… parfois je me raisonne en me disant que peut-être que celle ci ou celle là a mis des années pour tomber enceinte.

    Le sentiment d’être punie de ne pas réussir à être mère est très présent aussi, un peu moins maintenant, mais à une période je me suis vraiment culpabilisée. Et puis après on cherche effectivement le pourquoi. Qu’est ce que j’ai pu faire pour mériter ça. On va chercher des choses farfelues. Je suis vétérinaire, et j’en étais même à me dire que j’étais punie parce que j’opère des chiennes, des chattes, des chiens, des chats pour leur ôter leur capacité à la reproduction, j’en ai stérilisé des centaines. Et je me suis dite que j’étais punie pour ça, pourquoi je les empêchais de se reproduire alors que moi je n’avais que ça en tête. J’ai même eu des larmes sous mon masque leur de certaines chirurgies.

    Il y a peu, je me suis même dit que si je n’étais pas avec mon compagnon, je serai peut-être déjà maman. Il a une oligoasthénospermie, donc spermatozoides peu nombreux et pas très mobiles. Je ne lui ai bien sur pas exprimer ce sentiment, mais mon esprit à encore cherché un coupable. Alors que pour moi, la conception d’un enfant relève bien plus que le mariage la preuve de l’amour entre deux personnes, un lien qu’on veut créer et ne jamais défaire. Je l’aime, mais du coup je le rend coupable de ne pas me faire mère, et donc j’inverse. Ce n’est plus l’amour qui donne un enfant, c’est avoir un enfant qui maintient l’amour.

    On a effectivement ce sentiment de devenir folle. Cette obsession permanente. Cette envie de crier notre détresse aux yeux de tous. Encore la semaine dernière, j’ai passé une hystéroscopie dans un hôpital qui ne fait que de la gynécologie et suivi de grossesse. J’étais seule en salle d’attente à mon arrivée. Puis les autres femmes sont arrivées peu à peu, toutes plus enceintes les unes que les autres. Toutes le ventre pointant vers l’avant, limite avec des flèches dessus pour que je les remarque bien. Avec leur démarches de manchot empereur, toute leur précaution pour se lever ou s’asseoir. Leur tee-shirt à message bien en évidence sur leur ventre. L’impression qu’elles me regardaient toutes, qu’elles me dénigraient, que dans leur têtes elles se disaient que j’étais nulle, que je n’étais qu’une incapable. Plus les minutes passaient, plus j’avais d’abord envie de partir, de me mettre à pleurer, puis de me mettre à crier, à hurler, de leur dire de partir toutes, que je les haissais toutes de vivre ce que je n’ai jamais vécu. J’aurai pu me jeter à leur visage.

    Tu es tellement plus que prête à porter la vie à nouveau. Si c’est par un don de sperme que tu peux le réaliser, si tu dois partir à l’étranger, et bien fait le. Je suis certaine que même si plus tard la vie t’amène un nouveau compagnon, un compagnon qui sera peut-être favorable rapidement à avoir un enfant avec toi, tu n’auras jamais le regret d’avoir eu un enfant « toute seule ». Je ne sais pas dans quelle région tu te trouves, mais je sais pour y avoir vécu plusieurs années que la Belgique est assez accessible pour cela. Il te faudra trouver un gynéco ici pour pouvoir te suivre tout le long des examens et de la stimulation. Parle-en peut-être dès maintenant à celui qui te suit.

    As-tu déjà pensé à te rapprocher d’association de parents qui ont perdu un enfant ? Peut-être que parler à des personnes qui ont vécu cette situation pourrait aussi te donner des pistes, une aide. Et des associations pour les femmes qui souhaitent faire « un bébé toute seule » ?

    J’ai une amie qui a perdu sa maman en septembre d’une tumeur au cerveau également. Cette amie n’a pas d’enfant, et ce n’est pas dans ces projets actuels. Néanmoins ce qui m’a beaucoup marqué, c’est quand on a appris sa maladie, c’est qu’elle m’a dit qu’elle n’aurait pas sa mère à ses côtés quand elle même deviendrait mère. Ca m’a transpercé. J’ai pu vivre au travers d’elle cette épreuve infiniment douloureuse de perdre un parent si jeune. Nos parents, un modèle, un soutien, ceux qui nous font croire qu’on restera toujours de petits enfants. Ceux qui nous soutiennent quand on découvre de nouvelles choses de la vie.

    Tu ne nous as pas parlé de ta maman. As-tu de bonne relation avec elle? As-tu des frères/soeurs, cousins ou cousines avec qui tu peux partager ?

    Malgré ta force et ton courage, tu as besoin d’être entourée, protégée. J’espère que tu peux trouver du soutien autour de toi.  Mais j’en suis persuadée, un jour, j’espère le plus tôt possible, la vie te fera le plus beau cadeau du monde. Rien de ce que tu as vécu ne pourra être effacé mais tu seras libre d’accéder au bonheur, à la joie, tu y arriveras.

    Nous sommes prête à te suivre, à te soutenir et lire tes moments difficiles avec toujours bienveillance.

     

     

    #3848913
    Solace
    Participant

    Bonjour Yarline,

    Tout d’abord merci de ton message que j’ai lu avec beaucoup d’émotions parce que ce que tu as écrit j’aurais pu l’écrire aussi. Comme je te comprends sur tout.

    C’est vrai qu’on va chercher toutes sortes de raisons pour justifier ce qu’on considère comme étant une punition. Mais s’il y a bien une chose que les années m’ont appris c’est que la maternité ne se mérite pas. Il suffit de voir aux infos toutes ces mamans défaillantes, négligentes voire torturantes, qui tombent enceintes comme elles respirent et qui ne s’en occupent pas. Parfois, même pas besoin d’aller bien loin pour le constater, notre entourage suffit…

    Ton paragraphe de la salle d’attente, je l’ai souvent vécu chez le gynéco. A les voir se caresser la bedaine, aux côtés de leur compagnon gaga en attendant leur tour, en te regardant et en se demandant pourquoi t’es là puisque t’es pas « pleine ». Comme si de toute façon t’étais une patiente moins importante qu’elles, puisqu’elles, elles portent la vie.

    Je me souviens d’une fois, particulièrement, j’étais toute seule dans la salle d’attente – le courageux papa ayant pris la poudre d’escampette à l’annonce de ma grossesse, revenu puis reparti – j’avais le ventre et le berceau vides et j’avais ce couple en face de moi. Je les entendais faire leurs projets se regarder amoureusement et s’échanger des gestes tendres. J’en aurais chialé. Je me disais que moi j’avais tout raté. J’avais plus rien. Et elle avait tout. Pourquoi ? Etait-elle plus belle, plus intelligente, ou tout simplement, mieux née que moi ? Et la vie de son bébé était-elle plus valable que celle du mien pour qu’on le laisse en vie ? J’avais envie de lui dire : « Ne crois pas que tout est acquis, moi aussi j’étais à ta place y’a pas longtemps, sur mon nuage, dans ma bulle de bonheur increvable, je me sentais invincible, absolument convaincue qu’il ne pourrait rien m’arriver parce que je faisais tout bien comme il faut et que j’aimais mon bébé comme une enragée. Mais tu vois, la vie m’a appris à mes dépends que l’amour maternel ne protège pas de tout et que la mort se fout de tuer ton bébé, même s’il faut venir jusque dans tes entrailles pour le tuer, elle viendra. Celui qui a dit que l’amour était plus fort que la mort s’est trompé. Si c’était vrai, mes garçons ne seraient pas morts, je les ai tant aimé. »

    Comme toi j’ai parfois l’impression qu’elles me narguent à se pavaner et puis après, je me raisonne et me dis qu’elles ne voient même pas que j’existe, qu’elles ont le droit de vivre et d’être heureuses après tout si la vie est cool, tant mieux pour elles. Et puis peut-être que c’est une mamange, ou peut-être qu’elle a galéré à l’avoir, qu’en savons-nous après tout ? Notre mal-être est renforcé par cette société qui met en avant la sacro-sainte maternité triomphante et qui ne fait pas cas de la poignée d’infertiles et d’endeuillées qui renvoient l’échec dans les deux cas de figure, dans une société où il n’y a de place que pour le beau et le parfait. Si on nous faisait de la place à toutes, je suis sure qu’il y aurait moins de souffrance et d’enfermement.

    Je comprends quand tu dis que tu en veux à ton chéri de ne pas pouvoir te donner d’enfant, c’est un ressentiment quelque part inévitable puisque l’humain par nature est ainsi fait, il lui faut un coupable. Je crois qu’il ne faut pas que tu t’en veuilles de ressentir ça, notre désir de maternité est tellement fort qu’il prend le pas sur la raison et sur tout le reste. Il doit tellement se sentir coupable, pour un homme c’est une véritable atteinte à la virilité. Je ne sais pas si vous avez un traitement en cours le concernant et si son problème est réversible, mais t’as-t-on parlé du Betaselen ou du Proxeed ? Il paraît qu’ils obtiennent de bons résultats pour stimuler les zozos.

    Je ressens la même chose que toi envers mon ex et pourtant dans mon cas il ne s’agit pas d’une question de capacité mais de volonté. Cela amène un grand sentiment de colère parce que tu dis : Okay, donc il a le pouvoir de me combler et de réaliser mon rêve mais il ne le fait pas. C’est pas comme s’il avait une incapacité médicale avérée qui ferait que je pourrais lui en vouloir, certes, mais moins puisque ce serait indépendant de sa volonté. Non, là il a tout ce qu’il faut mais il ne fait rien !!

    Depuis plusieurs mois, il redoublait d’effort pour m’aider, il me sortait au restaurant, au ciné, avec nos amis, m’a fait voyager, m’a sur-stimulé par une tonne d’activités pour ne laisser aucune occasion à la dépression de s’installer. J’ai accepté de me laisser porter les premières semaines et rapidement j’ai senti que je n’avais pas besoin qu’on me mette dans une espèce de fureur de vivre, pour étouffer l’horreur, pour combler le vide.

    Récemment, devant mon absence de mieux-être, il m’a dit qu’il ne savait plus comment m’aider, qu’il avait tout essayé. Je lui ai dis que la seule chose qui pourrait m’aider ce serait de remettre de la vie après la mort mais qu’il était sourd à ce message. Il a refusé et m’a proposé autre chose à la place. J’ai refusé à mon tour en lui disant que me répondre ça c’était comme proposer à manger à quelqu’un qui meurt de soif. Et j’ai cessé d’écrire.

    Hier, il m’a envoyé un message en me disant qu’il avait réfléchi à cette histoire de bébé toutes les nuit et en me demandant si je pouvais attendre son retour qu’on en discute en face. J’ai accepté. On verra bien. Il est partagé entre le coeur et la raison et il a peur de se réveiller dans 5 ans et de se dire qu’il avait tout pour être heureux et qu’il a tout perdu à vouloir repousser ce projet. Je lui ai dis que moi je ne ferais pas d’enfant avec quelqu’un qui se sentait forcé ou qui avait une forme de pression parce que je pense que tôt ou tard ça ressort dans une dispute, le fameux « c’est toi qui l’a voulu, moi j’en voulais pas » et il est clair que je préfère un donneur anonyme, à un papa connu qui risquerait de prononcer ces paroles autour de mon enfant. Je lui ai dit qu’en méditant un peu là-dessus, normalement il devrait sentir un choix s’imposer plus que l’autre au fond de lui.

    J’ai été un temps sur un forum de parents endeuillés de jeunes bébés mais très vite le fossé s’est creusé, déjà parce que je ne me reconnaissais dans aucune des Mamans et dans leur façon de vivre cette épreuve. Quand elles étaient dans une dynamique de reporter la vie tout de suite à tout prix et avaient besoin d’afficher leur enfant perdu de partout en l’évoquant avec douceur et fierté, moi j’étais juste à l’arrêt dans ma propre vie, dans une rage et une colère terrible, incapable de penser à les remplacer par un nouveau bébé (même si depuis, je sais qu’on ne remplace rien ni personne, à l’époque j’avais le sentiment de leur faire une infidélité) incapable de regarder une photo de mes enfants sans être pétrifiée de douleur. Pour moi c’était prendre conscience de ce que j’avais perdu et je crois que je serais morte de folie. Alors j’ai préféré ne rien voir. Et j’ai fonctionné comme ça, dans une sorte d’anesthésie pendant des années qui a plus ou moins bien marché puisque j’ai pu continuer ma vie, réussir des concours et satisfaire aux exigences de la société.

    Elles ont recommencé les essais bébé très vite quand moi j’essayais de maintenir mon couple à flot. Dans 1 cas sur 2 la mort d’un enfant sépare les parents, j’ai fais partie du mauvais côté des statistiques tandis qu’autour de moi je n’avais que des mamans bienheureuses, dont cette épreuve avait renforcé le couple. Et puis le jour est arrivé où elles ont eu leur bébé et à mes yeux elles sont devenues comme les autres mamans, celles à qui rien n’est arrivé et qui, prises dans le tourbillon de la maternité se sont plaint des nuits trop courtes, des petits rhumes, des poussées dentaires, du calme ambiant de leur appart’ qui avait disparu et de toutes ces petites choses qui, mises bout à bout fatiguent certainement, mais signifient juste qu’un enfant est vivant ! Il n’y a rien de plus silencieux qu’un bébé mort.

    Je les ai trouvé ingrates et inconscientes de leur chance, comme si c’était une évidence (pourtant qui mieux qu’elles pour savoir que non ?) et qu’il avait suffit d’un bébé vivant pour oublier d’où elles venaient. Elles étaient passées de l’autre côté de la barrière, accaparées par ce nouveau bébé, le bonheur était revenu et s’en était fini de ce chapitre malheureux. C’est là ma différence avec elle. Pour moi, ce n’est pas UN chapitre sur lequel on pourra tourner la page un jour, il n’y a pas un délai type de rémission au bout duquel je me réveillerai un matin en disant : « Tiens, ca y’est je n’ai plus mal ». C’est TOUTE ma vie qui est marquée au fer rouge, c’est dans mon présent et ce sera dans mon futur. Je ne m’empêcherai pas d’être heureuse, ni ne trainerait ça comme un boulet à perpétuité. Mes enfants ont la place qui leur revient dans mon coeur et ils l’auront dans la fratrie, sans que les suivants ne soient contraints de vivre dans leur ombre ou sentent qu’ils sont nés car ils ont (l’impossible) mission de me réparer, mais mon deuil se terminera avec ma propre vie. Tout simplement parce que je crois qu’on ne fait pas le deuil d’un enfant qui représente l’avenir, le futur.

    J’ai d’excellentes relations avec ma maman et avec mes deux frères aînés qui vivent à 300km de chez moi et qui ont chacun des enfants. Ma Maman a une Foi immense, elle est très spirituelle et a accepté le départ de mon Papa qui était son premier Amour, son âme soeur. Elle croit que tout est écrit et qu’il avait fini son chemin sur terre mais que son esprit lui, continue de vivre. Elle sent qu’il est là, tout proche d’elle au quotidien, elle est convaincue que leur séparation n’est que pour un court temps et qu’ils se retrouveront. J’ai essayé de m’en persuader aussi pensant que ça allait m’aider, mais il n’en est rien. Je n’en pense plus rien de ces bondieuseries même si je continue d’appartenir à l’Eglise, je trouve ça injuste, dégueulasse, pour moi ce n’était pas le moment qu’il ouvre déjà ses ailes, il n’a même pas profité de sa retraite bien méritée, ni de ses 3 petits-enfants (4 ans, 14 mois et 7 mois au moment de son décès). Ils ne se souviendront même pas de lui et ça me détruit, même si j’espère que son souvenir s’imprime en eux de manière inconsciente.

    A mon Papa, je lui en veux d’être déjà parti, je le vis comme un abandon même si je sais qu’il a tout fait pour rester et qu’il s’est battu jusqu’au bout de ce qu’il pouvait et que lui-même était terrifié à l’idée de partir. Je n’étais qu’une jeune femme qui avait encore besoin de lui, de lui montrer ce qu’elle allait construire et de lire la fierté dans ses yeux. A sa disparition, je suis redevenue une petite fille sans repère, sans but et vulnérable au monde. J’ai le sentiment qu’on me l’a volé et avec lui, l’avenir que j’avais rêvé et fantasmé. Pourtant, je suis bien placée pour savoir que la vie ne se passe jamais telle qu’on l’avait planifiée sauf pour quelques chanceux mais quand même… Ce coup-là je l’ai pas vu venir, je l’avais pas prévu.

    Chez nous, on est plutôt pudiques, j’ai eu une éducation catho très rigide. Les démonstrations affectives et les câlins n’existent pas, dévoiler ses sentiments a toujours été considéré comme un aveu de faiblesse. De fait, il est compliqué d’aborder ses peines, même les effusions de joie sont contenues. Jamais de débordements. En cas de grand malheur, il faut afficher son plus beau sourire, sinon montrer qu’on est fort, digne, et donner le change même si on est brisé en mille morceaux à l’intérieur. Mes enfants sont tabous, on évite d’en parler mais je n’en connais pas la raison. Je suppose que c’est juste parce que c’est plus confortable pour eux.

    Hier, j’ai évoqué à ma maman l’idée de faire un enfant seule. Je lui en avais déjà parlé avant d’être à nouveau en couple mais jusqu’à présent elle ne m’avait pas trop prise au sérieux, elle pensait à des paroles lancées comme ça. Pour la première fois, elle m’a dit : « Arrête de te préoccuper de ce que vont penser les autres, vis pour toi et fait ce qui te rend heureuse, même si cela passe par le fait d’avoir un enfant seule. Quand les gens verront que ton enfant est poli, éduqué et propre, ils ne feront pas de réflexions ou au mieux elles seront positives, ils diront : elle a du mérite elle est seule. »

    Je pense avoir les épaules, mais on ne sait jamais… Et je me dis, et si… Et si j’étais dépassée ? Et si j’assurais pas ? Qu’à sa naissance toutes mes blessures passées m’éclatent en pleine figure et que je fasse une méga-dépression ? Et s’il souffrait de mon choix ? Et qu’on pense que je suis une cas soce parce qu’il n’y a pas de Papa ? J’ai pas intérêt de me louper sinon les gens ne me feront pas de cadeaux et dans ma famille ultra-tradi, ils s’empresseront de me dire : « Tu vois t’as voulu un enfant seule, égoïstement, t’as cru que t’avais les épaules pour l’élever , mais regarde toi t’es incapable et tu entraines un enfant qui n’a rien demandé avec toi, t’es inconsciente etc ».

    Ma mère me soutient à 100% dans cette aventure que ce soit avec un donneur anonyme ou avec un homme qui ne veut pas d’une relation sentimentale mais qui veut être Papa et qui s’impliquera dans l’éducation de son enfant. Elle a déjà préparé mes frères et mes belle-soeurs à cette éventualité qui étaient un peu surprises, choquées… Et voilà, c’est ce que je ne voulais pas, qu’on me regarde maintenant comme si j’étais trop bizarre, incapable d’être dans la norme, de rentrer dans une case comme le veut la convenance. Puis qu’on cherche à savoir ce qui a pu être loupé dans mon éducation ou ma vie pour que j’en vienne à faire un choix de ce type, quitte à évoquer la possibilité d’une homosexualité refoulée, parce que j’en suis certaine, ils se poseront la question. J’en ris parce qu’il n’y a rien de tout ça, juste une envie brûlante d’être maman, que personne ne sait m’offrir.

    #3848914
    Solace
    Participant

    Bb soleil pardonne-moi, j’ai lu la réponse de Yarline sur mon téléphone du coup elle prenait tout l’écran, j’avais commencé à lui répondre sans avoir vu ton texte. Je ne me connecte pas tous les jours car j’ai un travail qui me conduit parfois à être sous terre. Non non, je ne suis pas une taupe 😆

    Je suis sincèrement contente si je peux arriver à mettre des mots sur tes maux. J’en ai longtemps eu honte aussi et finalement c’est grâce à vous qui m’ouvrez votre porte ici sur le forum et votre écoute (ou plutôt vos yeux pour me lire) sans jugement comme vous l’avez dit que je fais sauter les filtres du fameux politiquement correct qui interdit d’être jalouse d’une femme enceinte ou d’un nouveau-né sous peine d’offusquer ou de choquer le monde. Mais nous qui s’offusque de nos situations ? De l’injustice que nous fait subir la vie. Personne. On est humaines et comme disait Monsieur Grangé dans son livre :  » Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort.  » C’était une connerie. Du moins dans son acception banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n’endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L’âme humaine n’est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C’est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée. »

    Je suis comme toi, je vis en colère. La bienséance fait que je ne le montre pas en société mais il n’en reste pas moins que ce sentiment m’habite en permanence et me ronge. Ce que tu dis sur le Dieu punitif est très vrai quand on y réfléchit. Ceux qui ne croient en rien sont souvent gâtés. Et les croyants souvent touchés par le malheur. C’est une construction de notre esprit qui cherche à toujours trouver une explication à tout et justifier les épreuves.

    J’espère de tout mon coeur que le train s’arrêtera à quai et que le coup de sifflet annonçant le départ pour cette belle aventure retentira pour nous toutes et si possible dans pas trop longtemps. J’ai envie de croire que 2019 sera notre année. On peut essayer la pensée créatrice et la loi de l’attraction au point où on en est… 😉

    #3848922
    Yarline
    Participant

    Bonsoir 🙂

    La maternité ne se mérite pas

    Le nombre de fois ou je me suis dit : et ceux là on des enfants ! Ne les éduquent pas, ne les aiment pas, et en refont d’autres. Alors que nous, on aurait tant d’amour à donner.

    Quand tu dis qu’il faudrait de la place pour les autres, celles qui sont dans l’échec. C’est souvent ce que j’espère. Qu’on nous protège, nous réconforte. Mais en fait, autour de nous les gens ne nous en parlent plus, probablement à cause de l’inconfort que ça leur apporterait.

    Il y a peu, j’ai écris un long message sur FB pour mes contacts, ou simplement j’ai eu envie de crier toute ma détresse, leur expliquer ce que je vivais et par quoi on était en train de passer pour réaliser une des choses les plus universelles du monde : se reproduire. Je termine mon message comme ça :

    Pourquoi aujourd’hui ce besoin d’exprimer tout ça. Je ne sais pas. Ce n’est pas un jour particulier. Juste besoin de dire que tout ça ne devrait pas être un tabou. Parce qu’on fait partie des 10 à 15 % des couples atteints par l’infertilité en France. Parce qu’on est pas les seuls. Parce qu’il faut arrêter d’avoir honte de cette épreuve, d’avoir l’impression de ne rien valoir. Parce que j’ai besoin d’exorciser. Parce que c’est un parcours difficile, une acceptation de beaucoup de choses. C’est un renoncement à beaucoup d’autres. Parce qu’on se sent seule. Parce qu’au début on ne veut pas en parler, on veut toujours garder cette surprise qu’on ne voit jamais arriver. Avec le temps qui passe, on sent bien que ce sont les autres qui n’osent pas. Ce n’est pas un tabou. Alors oui, je veux bien en parler, je veux bien qu’on me demande comment ça va, ou j’en suis, quelles sont les étapes. Et oui, je vais probablement m’effondrer en larmes en en parlant, mais au moins je pourrais en parler, et j’aurai le sentiment d’être moins seule.

    Et j’ai eu pas mal de messages, même de personnes que je n’ai pas vu depuis des années. Des « bon courage », et autre messages de « soutien ». Personnes qui une fois leur message envoyé retourne à leur vie perso et oublie tout ça, ne reviendront jamais prendre de nouvelles. De ma famille, j’ai reçu ensuite un sms de mon frère qui m’a beaucoup touché. Je savais qu’il était au courant de notre infertilité, ma mère ne sachant pas tenir sa langue ! Et j’ai une de mes cousines qui était au courant aussi qui m’a envoyé également un petit message. Et depuis ?! Texte publié le 30/10. J’ai juste ma cousine la semaine dernière qui m’en a parlé. C’est tout … Les gens n’osent pas parler de nos problèmes, si ils ne nous en parlent pas, ça n’existe pas pour eux. Pourquoi s’embêter avec les problèmes des autres? « Et merde en plus, elle a dit qu’elle allait se mettre à chialer si j’en parle, alors, on va parler d’autre chose »

    Je pense que ce message que j’ai publié sur FB était un peu un appel à l’aide, à l’écoute, au soutien. Avoir l’impression que nos épreuves ne sont pas invisibles. Mais en fait, si complètement, invisibles.

    Je regarde toutes les émissions « la maison des maternelles », les sujets concernant l’infertilité se comptent sur les doigts d’une main… J’espère qu’un jour enfin l’animatrice finisse son émission par autre chose que « d’ici demain reproduisez vous »? ca ne vient jamais en fait… et à chaque fois je souffre de cette phrase, nous sommes invisibles.

    Non, mon conjoint ne semble pas se sentir coupable de notre infertilité, du moins, il ne l’exprime pas. Il a totalement confiance dans la médecine, et est persuadé qu’on va y arriver tous les mois. Chaque cycle, depuis 32 fois, il me répète que ça sera pour le mois prochain. Avec son humour, très particulier- je le concède- avant qu’on finisse par se dire qu’on était infertile, à chaque échec il me disait que c’était le terreau (mon utérus) qui n’était pas bon, et que la graine (ses spermato) était parfaite! Et même à la révélation du premier spermo, il m’a dit que c’était bon, qu’il y en avait ! Et que de toute façon on pouvait envisager IUU ou FIV. Non on n’a aucun traitement pour le spermo. Je l’ai déjà mis sous complexe multivitamine (ferti quelque chose), il a même pas fini la boite…. il prend bien consciencieusement ses traitements pour l’hypertension et pour l’hypertriglycéridémie tous les jours, mais ce que je lui donne moi ça il boude … Par contre si un médecin lui prescrit, il le prendra ! Moi je n’ai pas de légitimité à lui prescrire un truc, je suis pas médecin pour les humains qu’il me dit ! Proxeed je me suis déjà renseigné, mais ça coute super cher… plus de 60€ par mois. Il faut mini 3 mois pour avoir un effet, 180 euros. Pour un complément alimentaire c’est horriblement cher (et là je me dis que les labo profitent bien de notre faiblesse !) Je ne pense pas qu’on puisse se le faire rembourser sur prescription.

    Quand dois-tu revoir ton ex pour discuter? Je comprends ce que tu dis quand tu expliques que tu ne veux pas à faire un enfant avec un homme qui se sentirait forcé. Mais peut-être que si il te recontacte et a réfléchi souvent à tout ça, c’est qu’il a fini par ouvrir les yeux et finalement a évolué sur ces envies et peut-être que le désir de parentalité commence à le travailler.

    Je comprends aussi ce que tu dis par rapport aux forums. Personnellement, je n’ai été inscrite qu’ici, depuis plus de 2 ans. Mais je ne fréquente quasi plus la partie des essayeuses. Je me sens mieux sur la partie infertilité. La quasi totalité des filles avec qui j’ai discuté à mes débuts sur ce forum, celles qui déprimaient à chaque fin de cycle, se lamentaient d’être à leur 3ème cycle d’essai et de ne pas avoir un TG positif, celles là sont quasi toutes maman ou enceintes. Et plus grand monde n’a pris de nouvelles de ma personne ou ne s’intéresse à mon parcours actuel. C’est assez blessant. On est là pour les soutenir sur les essais, puis les féliciter, être contente pour elles quand la grossesse est annoncée, et puis … plus rien. Encore une fois on devient invisible.

    C’est bien que ta mère te soutienne dans ton envie d’envisager une grossesse via un don.

    C’est normal de douter de ses capacités à s’occuper d’un tout petit, seule d’autant plus. Même en couple, on doit parfois avoir la tête sous l’eau quand un bébé arrive. Mais on fini par s’en sortir, je pense. Surtout avec la force que tu as, tout l’amour que tu as à donner, tu t’en sortiras bien mieux que beaucoup d’autres. Et puis le regard des autres … ah! le regard des autres… et bien on l’emmerde le regard des autres !

     

    #3848930
    Solace
    Participant

    Ton message me fait tellement de peine parce que j’ai vécu la même chose du côté des mamanges. On parle à coeur ouvert d’un sujet sensible qui nous touche, on a des messages de soutien sur l’instant et puis ils retournent bien vite à leur vie de parents débordés, oublient les anniversaires de naissance et de mort de mes enfants. Alors j’ai pris le parti de ne plus en parler.

    Cet été j’ai mis une cagnotte en ligne pour mon Papa qui avait été incroyablement bien suivi à l’Institut du Cancer de Toulouse. Il souhaitait que son départ serve à faire avancer la recherche contre le Cancer afin que d’autres Papas ne partent pas si jeunes.

    Et donc pour cela, au lieu d’acheter des couronnes de fleurs à 150 balles, qui ne font plaisir qu’aux vivants mais ne servent à rien sur une tombe en plein cagnard un mois de juillet à part à fâner, il préférait qu’on mette une urne à la sortie de l’Eglise pour récolter des fonds qu’on remettrait au Labo de l’Institut qui avait plusieurs essais cliniques prometteurs en cours et autres travaux reconnus dans le monde entier.

    Parallèlement pour l’entourage qui ne se rendrait pas aux obsèques vu que la minuscule église ne le permettait pas, que c’était les congés d’été et que les gens étaient partis et qu’on souhaitait également une inhumation dans l’intimité familiale, j’ai crée une cagnotte en ligne que j’ai à de trèèèèès nombreuses reprises relayée sur mon mur quotidiennement le dernier mois de sa vie sachant qu’il était en soins palliatifs et que c’était qu’une question de jours.

    C’est délicat, on ne peut pas forcer les gens à donner de l’argent. Mais j’ai précisé qu’il n’y avait pas de petit don, que 1€ ou 2€ c’était déjà énorme pour nous, tout simplement parce que ça signifiait que son appel avait été entendu et que les gens s’associaient à notre peine. Merde il va mourir, il a une dernière volonté,une seule, l’unique qu’il peut encore avoir car il a une tumeur au cerveau qui l’empêche de tout faire, nous on est amis et vous faites semblant de ne pas voir ???!!!

    Mais mon petit Papounet a mal choisi sa date pour mourir, c’était en plein mois de juillet, pendant la Coupe du Monde à quelques jours de la finale, les gens euphoriques se préoccupaient plus de leurs vacances et des matchs de foot que de son misérable sort. C’est vrai, l’été personne n’est malade ni ne meurt. Ironie totale, j’avais certains amis et collègues proches qui claquaient des mises monstrueuses sur les groupes de paris sportifs sur Facebook et qui n’ont pas daigné m’adresser ne serait-ce qu’un petit mot de soutien…

    Pour couronner le tout, une a même eu le culot d’attendre la clôture de la cagnotte pour commenter en disant : « Oups, c’est où pour donner ? Je voulais le faire et puis j’ai zappé » Tu as zappé ? Zapper un évènement aussi grave qu’est la mort du papa d’une « amie » comme si on parlait d’un rouleau de sopalin oublié sur la liste de course alors que tous les jours je te voyais connectée et tu vas me faire croire que tu n’as pas vu ?! Pauvre conne ! Je ne lui ai même pas répondu et même jamais reparlé. Je devais envoyer un cadeau de naissance à sa fille, ben elle pourra se brosser. Son FP était sur mon frigo, je voulais le déchirer mais je ne l’ai pas fait, c’est la photo d’un bébé…

    Avec le temps et les épreuves que j’ai eu, j’ai compris une chose, les gens ne s’émeuvent que lorsque ça les touche. En dehors de ça, ils s’en tapent !! Leur attention va se porter un instant sur toi, non pas parce qu’il sont touchés mais parce qu’ils aiment le côté sensationnel que procure l’annonce d’une maladie, d’un décès, juste parce que ce sont des fouines qui se réjouissent des potins et du malheur des autres, ça doit même avoir un coté jouissif pour eux, ça les conforte dans le fait que leur vie n’est pas si merdique puisqu’il y a pire. Parfois on me dit que j’abuse que je suis parano, mais les gens sont foncièrement mauvais et mesquins. Tu aurais vu les gens qui m’ont téléphoné au matin du décès de mon fils. Des gens dont je n’étais pas si proche, juste pour savoir ce « qu’il s’était passé » et me demander si « ça va » pour les plus cons d’entre eux.

    Protège-toi, reste ici pour parler à coeur ouvert. Mais n’ouvre pas ton coeur à des gens qui ne sauront pas accueillir ta peine et ne méritent pas que tu te livrent autant à eux.

    Pour le Proxeed c’est vrai que c’est cher surtout si c’est pour qu’il ne termine pas la boîte. Il peut être prescrit et figurer sur une ordonnance mais dans tous les cas je pense que la pharmacienne au moment du passage en caisse te dira que ce n’est pas pris en charge et te demandera si tu le veux quand même. Sur des sites de pharmacie en ligne faudrait regarder si y’a pas moins cher si tu prends en lot ou autre. Je regarderai de mon côté. Sinon tu as le Maca c’est une plante du Pérou, c’est beaucoup moins cher et c’est bon pour la fertilité des messieurs et même des dames et en plus ça agit aussi sur la libido, donc tout bénéf ! Mais encore faut-il qu’il les prenne assidument. Sinon tu lui écrases dans sa bouffe.  😆 Je vois comment agit ton homme, il prend les choses avec humour et détachement, c’est sûrement son moyen de dédramatiser la chose et de mettre de la distance avec la réalité.

    Quant à moi je le vois ce week-end. On verra bien je n’attends rien de ce rendez-vous, il va argumenter, négocier sur les délais, me demander si je peux pas attendre par exemple telle ou telle date je le connais.

    Belle nuit à toi, je penserai à toi demain pour ton rendez-vous.

    #3848949
    bb_soleil
    Participant

    Cc les filles,

    Solace, en lisant ton message j’ai encore une fois été happée par tes mots, et quelle colère en lisant les dernières lignes de tin post de ces gens qui s’offusquent de ton choix de vie, ta maman à raison, vis pour toi et zut pour le reste. Ma maman aussi est très croyante et la foi l’aide bcp, mon père lui ne croit plus, quand je lui ai demandé pourquoi il m’a répond :  » il m’a privé de mon père au moment ou j’en ai vraiment eu un ». Aujourd’hui mon papa à 68 ans, et n’a pas guéri de cette perte. Il s’est senti privé, puni, comme tu l’as si bien exprimé.

    Yarline, ton message m’a bcp touché. Effectivement les choses se passent souvent comme ça, on soutien, on adresse un mot par politesse et puis on passe à autre chose. La douleur des autres dérange comme si c’était contagieux.

     

     

    #3848953
    Yarline
    Participant

    Je crois qu’un mot résume tout ce qu’on peut écrire. C’est empathie.

    Et beaucoup de monde en manque drastiquement !

    J’ai toujours été dans l’empathie, j’attends des autres qu’ils le soient pour moi. Malheureusement, a priori, l’empathie, ce n’est pas contagieux !

    #3848974
    Solace
    Participant

    Fanyfanou, tu n’es pas maladroite, tu es toute douce, merci de tes câlins ils sont bien pris ! Je suis décidément une quiche avec le forum je n’avais pas non plus vu ton message. J’ai un peu honte. Il faut dire que je balance de tels pavés d’écriture… C’est comme si j’avais besoin de sortir tout ce qui avait été retenu des années.

    J’ai entendu parlé de kinésiologie, mais je ne sais pas en quoi cela consiste ? N’est-ce pas une sorte de rééquilibrage énergétique ? Je retourne chez l’acupuncteur vendredi, il faudra que je vous raconte mon rendez-vous de vendredi dernier qui m’a fait beaucoup de bien. D’ailleurs, il paraît que cela peut aider à tomber enceinte, je ne sais pas si c’est vérifiable scientifiquement, mais les retours d’expériences des patientes sont plutôt positifs dans le cas d’infertilités inexpliquées féminines.

    Bb soleil je ne connais pas ton papa mais décidément j’aime beaucoup sa façon de penser. Moi aussi j’en veux à Dieu et actuellement je pense exactement comme lui. Pourquoi ? Il aurait pu me le laisser encore un peu, qui y avait-il de si pressant là-haut et de plus important que d’être à nos côtés pour qu’il le rappelle aussi vite ? Il aurait pu attendre que mes enfants naissent, que mes neveux grandissent et se construisent des souvenirs avec lui, que je vieillisse un peu avec lui. Pourquoi maintenant ? Pourquoi cet espoir confiant et puis cette souffrance vaine, pour avoir la mort au bout ?

    Yarline, exactement, les gens sont dénués d’empathie. Soit parce qu’ils s’en foutent, soit parce qu’ils pensent que le malheur est contagieux, soit parce qu’ils sont tout simplement inaptes à consoler. Certains sont maladroits par nature alors de peur de blesser quand ils sentent que le sujet est brûlant, ils préfèrent ne rien dire. Sauf que leur silence et leur indifférence nous blessent plus qu’une personne qui aura essayé de nous rejoindre dans notre malheur même si c’est maladroitement. J’en ai toujours moins voulu aux gens qui faisaient la démarche d’essayer même s’ils ne savaient pas trop où mettre les pieds, que ceux qui faisaient semblent de ne pas voir.

    Anyway, nous savons à qui nous pouvons nous confier (ou pas) désormais.

    Good night !

    #3850372
    DARKY darkblue68
    Participant

    Bonjour,

    Je me permets de mettre mon témoignage et de ce que je ressens à ce jour surtout car comme je me reconnais dans le premier post de ce sujet « en mal d’enfants ».
    Je tacherais toutefois d’être brève dans mon parcours quitte a revenir pour repriciser les choses..
    Donc voilou moi pour enfin devenir maman pour la première fois il m’aura fallu 4 ans et demi et o combien de désespoir, de tristesse et autres sentiments quand j’apprenais chaque grossesse de mes amies. Peu à peu mon envie de bb devenait obsédante et viscérale, jusqu’à que j’accepte que finalement je n’aurais pas d’enfant naturel , je m’étais peu à peu tourné vers l’adoption et convaint que c’était la seule solution mais d’abord un aperçu de mes 4 ans et demi d’essai.
    Après l’arrêt de ma pilule et quelques cycles laborieux plus tard je me suis rendue compte que mes cycles étaient super long et sûrement anovulatoire. Donc mes premiers traitements ont été le clomid pour essayer de déclencher une ovulation mais rien donc après je suis passé aux injections et rien. De là, j’apprends que je suis opk, mes ovaires sont polykistiques c’est à dire je n’ovule pas bien. Batterie de test pour moi, mais à part mon opk tout est OK. J’enchaîne avec une opération sur mes ovaires pour m’aider a ovuler mais toujours rien. Suivront deux ou trois iac toujours rien c’est négatif encore une fois . je décide de changer de gygy et de centre pma.
    Plus d’analyse pour mon homme permettront de voir qu’il a aussi des soucis ses zozos sont nombreux a être immobile et mal formé.
    Suivront encore une ou deux lac toutes infructueuses. Bref, enfin vient le rdv du nouveau centre pma et surtout passage à la fiv. Premier essai, ils ne savaient pas si pour nous la fiv classique ou licsi était la plus adaptée ,donc une moitié de mes ovocytes étaient passé en fiv classique et l’autre en icsi donc. Et malheureusement pas d’embryons et la grosse grosse déprimé c’est la que je commence à faire les démarches d’adoptions en parallèle.
    J’apprends lors du rdv debrief de la dernière fiv qu’a la prochaine c’est direct icsi.
    Donc, en mars ou avril 2011, un nouveau cycle recommence avec un traitement modifie dans le dosage et en début de cycle pour préparer les futures ovocytes. Bref la fiv icsi arrive ce passe bien je rencontre même une ancienne collègue de travail lol! Et trois plus tard nous apprenons avec joie que sur dix ovocytes de prélever huit étaient fécondé quelques jours après il n’en restait que trois la veille de l’implantation des embryons.
    Le jour j de l’implantation, ma première donc, je suis très stresser, je court aux toilettes pour faire pipi or on me l’avait interdit. Donc je boit a n’en plus finir comme on me l’a dit et d’ailleurs me fait engueuler par le médecin.
    Ouf , l’implantation a pu malgré tout se faire et nous décidons d’en implanter deux. Le troisième embryon n’a pas tenu le choc dans la nuit. Deux embryons a+ sont donc implanté mi mai. Première semaine d’attente je suis fatigue de tout ses aléas. Deuxième semaine d’attente avt la pds nous partons en vacances quel joie et quel anti stress pour moi d’être à la mer et à la piscine.
    Nous rentrons de vacances ( avant que l’avion atterisse je fait un malaise ) et demain c’est le grand jour de la pds.?
    Je ne peux me résoudre à appeler le labo pour connaître les résultats à midi donc c’est mon homme qui s’y colle. Il redescend, les larmes aux yeux, je lui ai dis « OK c’est encore négatif c’est bon j’ai l’habitude et lui non c’est positif ?????
    Il m’a fallu quinze jours pour y croire mais oui mes deux brybry ont bien tenu.
    J’ai accouche très prématurément a cinq mois et demi, mais ça c’est une autre histoire.
    Aujourd’hui, ils ont eu 7 ans et voilà que je me décide je veux une fille mais mon mari n’est pas d’accord , il prétexte un manque financier, ce que je ne crois pas.
    J’ai pris rdv avec mon gygy pour voir, mais si mon mari est toujours contre je ne pourrait pas tenter de fiv toute seule !!!
    C’est différent la mais je revis la même situation qu’au début ou jetais obsédé et j’avais ce besoin viscéral d’avoir un enfant…
    Voilà mon parcours,
    Bravo a celles qui m’ont lu jusqu’où bout…
    Courage a vous, il ne faut pas perdre espoir et explorez toutes les pistes pour avoir votre bb !!!! Biz

    #3850894
    Solace
    Participant

    Bonsoir,

    Merci de ton témoignage, ouf quel parcours semé d’embuches ! C’est vraiment une belle histoire qui se termine bien, mais effectivement beaucoup d’obstacles avant de pouvoir tenir vos deux petits miracles mais ça en valait le coup, deux bébés d’un coup, doublement récompensée pour l’attente.

    As-tu pu rediscuter avec ton mari de ton désir d’enfant ? Après je ne connais pas votre situation financière mais c’est vrai que maintenant le coût de la vie est cher et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Peut-être qu’il veut être sur de pouvoir assumer plus tard, les études tout ça et qu’il a peur qu’un troisième enfant vienne perturber cet équilibre. J’espère que vous trouverez un compromis pour faire ce bébé en le désirant tous les deux. Quel âge avez-vous si cela n’est pas indiscret ?

    Bonne nuit 🙂

    #3850904
    DARKY darkblue68
    Participant

    Salut solace,

    Pour les nouvelles en France aucune possibilité de faire une fiv pour choisir le sexe de l’enfant malgré les nombreux problèmes de santé qu’à un de nos jumeaux. La seule possibilité serait de faire la fiv a l’étranger et en même temps de vérifier qu’il n’y ait pas d’anomalie chromosomique… Type trisomie 21, etc..
    Lorsque j’ai fait ma fiv pour les loulous j’avais 30 ans qd j’ai accouchée j’en avais 31 ans.
    Aujourd’hui j’ai 38 ans et mon mari 44 ans. Nos jumeaux ont 7 ans. Je suis sûre que c’est le moment idéale pour eux et pour moi s’il y a grossesse c’est impérativement cette année après les chances de grossesse baisse considérablement.
    Je suis en train de lui rédiger une lettre pour lui exprimé tout ce que j’ai sur le coeur et tout ce qui motive mon envie de bb. Quand elle seras fini, je la lui remettrait mais mon mari change très peu d’avis…????????
    Donc on peut dire que c’est foutu pour nous. Mais je tente quand même peut être a t’il besoin de temps pour réfléchir.

    Et toi quels sont tes news?j’esperes que tu as le moral? Je sais que c’est pas facile du tout pour l’avoir vécu, tout mon soutien ??
    Si tu souhaite en parlé en MP aucun souci on peut….
    Bonne continuation dans votre parcours..biz

    #3850932
    winnie60
    Participant

    Bonsoir à toutes,

    Je suis 1000% d’accord avec vos différents avis les unes les autres entre le manque d’empathie, la maladresse des uns et des autres, le manque de soutien des proches et un peu moins proche et l’indélicatesse de certain très très proche. Les conflits les incompréhension que la pma peut procurer entre nous et nos hommes… il y a tant de choses à dire sur le sujet et pourtant il y a si peu d’ouvrage ou de vrai témoignage. Et l’aspect tabou de la chose, d’ailleurs j’en parle ouvertement depuis près de 2 ans et demi car ras le bol de se justifier qu’à 35 ans passé je n’ai pas d’enfant (avant c’était déjà à 25ans la grosse blague)

    Je vous mets en lien mon blog celui que j’ai créé durant mon tout dernier protocole si ça peut vous aider (et je précise que ce n’est pas de la pub) je l’ai écris du fond de mes tripes, parce que durant cette période j’avais un besoin intense de déballer tout mon mal être du passé. J’ai pendant ces quelques années j’avais l’impression d’affronter une tempête qui n’en finissait pas et finalement mon parcours est plus que simple et pas si long que ça.

    https://aventuresinfertilite.jimdo.com/

    Solace j’ai aussi perdu mon papa 1 an avant mes 30ans et eu la même réaction que toi .. une revanche sur la vie, un sentiment de vouloir vivre des choses vraiment sans rendre de compte à personne et savait ce que je ne voulais plus comme toi. Et pas besoin de faire des études poussées pour voir que les hommes ne se sentent pas spécialement concerné par les difficultés de procréation, le nombre d’homme sur ce site est assez explicite, ils sont assez secret et n’osent pas témoigner c’est extrêmement rare.

    pour ce qui est des alternatives, j’ai fait la EMDR Hypnose en début d’année 2017 c’était une résolution avant l’inévitable décision qui aurait été de quitter mon conjoint. Tout le travail accompli a été vraiment utile, j’avais beaucoup de choses à régler de mon passé (beaucoup de deuil durant 10ans de ma vie). Bref …. si cette technique thérapeutique peut te servir pour avancer plus sereinement n’hésite pas.

    Je souhaite beaucoup de courage à toutes les pmette <3

     

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