Le cannabis et les ados

Ado qui fume du cannabis

En France , les jeunes sont exposés de plus en plus tôt à la consommation de cannabis. Faut-il s’inquiéter? Réponses du Dr Xavier Pommerreau (Chef de service à l’unité médico-psychologique de l’adolescent au CHU de Bordeaux. Auteur de « Quand l’adolescent va mal », Editions J’ai Lu.

Que faire si on les soupçonne de fumer des joints?

Je conseille aux parents qui ont des doutes d’aborder le sujet directement et de faire, avec leur ado, le point sur sa consommation : fume-t-il ponctuellement pour le plaisir ou a-t-il un vrai problème d’accoutumance? Quelle que soit la tentation, on doit s’interdire de fouiller dans ses affaires pendant son absence et de l’interroger sur un mode policier en le menaçant de faire des analyses d’urine.

Quels signes peuvent révéler un danger?

D’abord, évitons de dramatiser: 85 % des ados qui fument des joints ne sont pas accros. Beaucoup consomment du haschisch pour faire comme les copains et ne pas passer pour des crétins. Il y a un vrai problème quand les jeunes fument pour se déchirer du matin au soir. Certains signes ne trompent pas: ils s’enferment dans leur chambre, ne prennent plus leurs copains au téléphone, vivent volets fermés…

Comment réagir?

Dans tous les cas, les adultes doivent marquer leur désaccord et répéter que le cannabis est une drogue interdite en France ( l’usager de stupéfiants encourt un an d’emprisonnement : article L628 du code de la santé publique ) , Ndlr. Même si les parents ont fumé dans leur jeunesse, ils ne doivent jamais jouer la complicité. D’autres part, on peut expliquer aux ados que c’est une substance psycho-active et entraîne des difficultés de concentration. Qu’il ne faut jamais conduire (même un scooter ) après avoir fumé, ni avoir des relations sexuelles (on a constaté une recrudescence des grossesses non désirées et de MST chez les ados consommateurs de haschich, qui oublient de se protéger).

Faut-il avoir recours au psy?

C’est dès qu’on en ressent le besoin. Néanmoins, il est déconseillé aux parents de dire à leur ado qu’on va le montrer à un spécialiste comme on montre sa voiture au garagiste. C’est souvent la famille dans son ensemble qui va mal. Cela dit, en trois ou quatre séances, on arrive souvent à désamorcer beaucoup de choses.