Le Cododo : les avantages et risques de partager son lit avec Bébé

Cododo / Cosleeping : avantages et risques

Vous en avez entendu parler, vous le pratiquez déjà ou aimeriez vous lancer ? Le cododo ou le partage du lit avec bébé pose de nombreuses interrogations aux scientifiques comme aux parents. Risque d’asphyxie pour l’enfant, mauvaise qualité du sommeil, proximité néfaste au couple… cette pratique qui revient à la mode et souvent présentée pour ses bienfaits mais ne demeure pas sans danger. Voici un tour d’horizon des avantages, des risques de dormir avec son bébé.

Le cosleeping, une pratique ancestrale

Le cododo ou cosleeping fait partie des méthodes mises à l’honneur ces dernières années comme le maternage intensif et la bienveillance. Pourtant, son origine remonte à des millénaires. Désignant l’acte du parent qui dort avec son enfant, le cosleeping est en fait une façon naturelle, instinctive, et indispensable de dormir proche d’un bébé récemment né.

Chez les animaux au même titre que dans de nombreuses cultures qui prônent les anciennes traditions, l’interrogation sur la présence de la mère aux côtés du bébé qui dort ne se pose même pas. Il est question de survie, de protection, mais aussi de praticité pour les tribus qui partagent des habitations souvent étroites.

Cette technique qui peut sembler tribale a-t-elle sa place dans la société actuelle ? Dans la veine des travaux du psychanalyste Bowlby qui montre l’importance de l’attachement du jeune enfant à sa mère, le cododo semble présenter des avantages non négligeables pour le développement de l’enfant, à condition d’être adopté en connaissance de cause.

Quelles sont les indications médicales pour le coucher d’un nourrisson ?

Dans le cadre de la prévention contre la MSN (mort subite du nourrisson), l’American Academy of Pediatrics a publié en 2016 un rapport contenant les indications pour le coucher de l’enfant en bas âge. En constante évolution, ces données restent cependant une base scientifique qu’il convient d’avoir à l’esprit :

  • Matelas ferme adapté aux dimensions du lit ou directement sur le sol
  • Aucun doudou, lange, oreiller, ou couverture ne doit s’y trouver
  • L’enfant est vêtu seulement d’un pyjama, éventuellement d’une turbulette s’il fait froid
  • Température maximum de 18°C
  • L’enfant est installé dans son lit sur le dos (s’il se tourne de lui-même, il est inutile de le remettre systématiquement en position)

L’humidité de la pièce est également un facteur important car l’air trop sec irrite les voies respiratoires et peut provoquer des troubles chez l’enfant. En cas de rhinite, de toux ou d’encombrement des bronches, placez un coussin sous le matelas pour surélever le couchage d’environ 30°.

Cododo et mort subite du nourrisson, quels sont les liens ?

La mort subite du nourrisson (MSN) se définit par un décès soudain d’un enfant en bas-âge, insoupçonnable par son passé médical et pour lequel aucune cause postmortem n’est clairement établie. 90% des décès par MSN ont lieu avant les 6 mois de bébé, avec une prévalence plus forte chez les garçons.

Si le cododo est parfois montré du doigt, il n’est pour autant pas la cause principale de la MSN. Au contraire, il semblerait même faire diminuer cette tendance. Preuve en est, les pays où le cosleeping est une pratique commune sont ceux enregistrant le moins de décès de nouveaux nés par mort subite. Le non-respect des règles de sécurité semblent plus responsables des décès d’enfants que la pratique en elle-même, à savoir :

  • Accord des deux parents dans la pratique du cosleeping
  • Aucune prise d’alcool, de stupéfiant ou de médicament pouvant modifier le sommeil n’est tolérée
  • Les parents fumeurs ne doivent pas non plus le pratiquer
  • Enfant placé entre les parents ou du côté du mur sans espace pour tomber
  • Pas de coussin, couverture, doudou dans le lit
  • Exclusivement réservé aux enfants allaités (mères plus réactives qui dorment face au bébé)
  • En cas de fatigue extrême, ne pas pratiquer le cosleeping
  • L’obésité morbide d’un parent peut également présenter un danger pour l’enfant
  • Pas de cosleeping sur un canapé ou un fauteuil

Les avantages du cosleeping pour l’enfant

À chaque mouvement de sa mère, l’enfant subit un léger réveil. De même, celle-ci réagit à chaque bruit de bébé. Cet accordage affectif repéré par David Stern permet un sommeil moins profond de l’enfant, donc un risque diminué de MSN, qui survient parfois pendant de longues plages de repos du nouveau-né.

Pour la mère allaitante, le cododo est idéal car il permet d’allaiter bébé sans se lever au cours de la nuit, et de se rendormir aussitôt. L’enfant serein s’endort au sein sans risque de réveil lorsqu’il est remis au lit.

Pour prévenir les irritations et crevasses, la mère doit toutefois veiller à dégager son sein de la bouche de bébé avant de s’endormir.
Parmi les besoins primaires du tout-petit, la proximité reste essentielle au même titre que la nourriture et le repos. Profiter de la chaleur et de l’odeur réconfortante de ses parents apaise l’enfant, qui remplit ainsi son quota de câlins et sera plus enclin dans la journée à se détacher des personnes proches pour explorer son environnement.

Impact du cododo sur le couple parental

La présence de bébé dans le lit parental peut interférer dans la vie de couple, d’autant plus que la sexualité du couple se trouve souvent contrariée dans les premiers mois suivant l’accouchement (douleurs de la mère s’il y a eu épisiotomie, rapport au corps difficile, baisse du désir, fatigue accumulée). Retrouver l’intimité peut rapidement devenir un challenge pour peu que d’autres enfants plus grands sollicitent l’attention des parents dans la journée.

La décision du cododo se prend toujours en accord avec l’autre parent et ne doit pas être vécue comme imposée. Si le couple dispose d’autres moments et d’autres lieux pour se retrouver, le cododo peut devenir un véritable mode de vie affectionné par chacun. Le père profite ainsi du nourrisson toute la nuit et veille sur la dyade mère-enfant par sa présence. La question de savoir si un parent peut écraser son enfant se pose aussi pour le père, et la réponse est non, en théorie. Dans un état normal, le père dispose des mêmes réflexes que la mère qui lui permettent de dormir à côté de son bébé sans jamais le toucher. Une façon pour lui de prendre pleinement part à l’accompagnement de son enfant.