Tokophobie : quand la peur d’accoucher se transforme en trouble panique

Tokophobie peur panique d'accoucher

Lorsque l’on est enceinte, et à plus forte raison pour la première fois, il est tout à fait normal d’avoir peur de l’accouchement. Mais chez certaines femmes, cette appréhension naturelle se mue en véritable panique qui peut mener jusqu’à l’interruption volontaire de leur grossesse. Focus sur la tokophobie, une maladie de plus en plus fréquente.

Qu’est-ce que la Tokophobie ?

Ce terme est composé des mots grecs tokos (accouchement) et phobos (peur). Il désigne la peur panique d’accoucher quand celle-ci dépasse l’inquiétude classique. Elle est liée à une crainte irrationnelle de souffrir, voire de mourir au cours de l’accouchement, et ce malgré les progrès de la médecine. Selon le contexte, cette pathologie relève du trouble panique ou de la phobie dépressive.

Une maladie qui se présente sous trois formes

  • La Tokophobie Primaire : elle apparaît avant la première grossesse et remonte à l’adolescence. Elle pousse les jeunes femmes à avoir recours à une contraception excessive pour ne pas avoir à affronter leur angoisse. Les relations amoureuses et sexuelles restent cependant normales. Finalement, si le désir d’enfant les encourage à surmonter leurs craintes, elles préfèrent subir une césarienne, de préférence programmée.
  • La Tokophobie Secondaire : elle fait suite à un accouchement perçu comme traumatisant par la maman. Au cours de celui-ci, elle a ressenti une souffrance insoutenable ou une peur importante liée à sa vie ou à celle de son bébé. Quoi qu’il en soit, elle a vécu douloureusement ce moment et développe une sorte de stress post-traumatique.
  • Symptomatique d’une dépression prénatale : dans ce cas, la grossesse provoque chez la future maman une prise de conscience au cours de laquelle elle estime ne pas être capable d’assumer l’enfant à naître. La crainte d’accoucher peut alors être l’un des symptômes d’un syndrome dépressif.

Qui est touché par cette maladie ?

Que cela soit avant la grossesse ou au cours de celle-ci, toutes les femmes peuvent un jour ou l’autre expérimenter cette peur incontrôlable. Mais les statistiques tendent à montrer que certains profils sont plus fragiles que d’autres :

  • Les très jeunes femmes ou, au contraire, celles de plus de 40 ans sont plus facilement atteintes par ce trouble.
  • Le fait de connaître des complications au cours de la grossesse peut naturellement augmenter l’apparition de cette phobie. Une femme enceinte souffrant d’une pathologie pouvant mettre en jeu sa santé ou celle du fœtus y est plus sujette qu’une autre.
  • Les études démontrent que de nombreuses personnes touchées par cette affection ont été témoins d’un accouchement lorsqu’elles n’étaient pas assez matures pour le comprendre.
  • D’autres ont subi des abus sexuels.

Peur panique de l’accouchement : des conséquences parfois graves

Cette peur phobique entraîne des comportements excessifs chez celles qui l’éprouvent. Certaines femmes craignent tellement de tomber enceintes qu’elles multiplient les moyens de contraception, parfois au péril de leur santé.

D’autres acceptent de porter un bébé, mais demandent à accoucher par césarienne. Un paradoxe puisque cette chirurgie les expose à d’autres risques tout aussi angoissants que ceux d’un accouchement par voie basse.

L’angoisse pathologique de mettre un enfant au monde génère une grossesse psychologiquement difficile. Les nausées et vomissements usuels sont intensifiés par l’importante anxiété ressentie et il n’est pas rare d’observer des vomissements bien au-delà du premier trimestre de grossesse.
Il est fréquent de noter chez les patientes les symptômes habituels d’un stress post-traumatique ou ceux d’une dépression prénatale qui peut se prolonger après la naissance du bébé : troubles du sommeil importants, obsessions, sautes d’humeur, syndrome anxieux, pleurs immotivés, etc..

Des décisions catégoriques aux conséquences irréversibles sont parfois prises. La peur d’accoucher est tellement intense qu’elle peut entraîner la demande d’une interruption volontaire de grossesse. Certaines vont même jusqu’à réclamer leur stérilisation pour ne pas être confrontées à leur phobie.

Bonne nouvelle : on peut soigner la tokophobie !

Ce trouble étudié depuis le 19e siècle peut heureusement être traité. La première chose à faire est d’en parler à son médecin qui pourra définir s’il s’agit d’une peur “normale” qu’il peut apaiser par ses conseils ou si l’angoisse est plus profonde et nécessite une prise en charge psychologique.

Dans le second cas de figure, il peut proposer l’orientation vers un psychologue ou un psychiatre qui identifiera les racines du problème. Par l’échange, il favorisera une grossesse plus épanouissante et aidera à gérer la peur de l’accouchement.

La peur de donner naissance est normale, la tokophobie en revanche est une maladie qui demande un traitement. Si vous n’arrivez pas à surmonter votre peur ou si vos angoisses vous paraissent démesurées, parlez-en à votre médecin ! C’est le premier pas pour reprendre le contrôle d’une situation qui vous échappe. Au bout du chemin, bébé vous attend, et ça c’est que du bonheur !