Anesthésie péridurale à l’accouchement : qu’est ce que c’est ? Quels sont les risques ?

Femme enceinte qui à des contractions

En France, l’anesthésie péridurale ou épidurale est largement utilisée pendant le travail et l’accouchement par voie vaginale. C’est une technique éprouvée qui présente un niveau de sécurité élevé. Cependant, elle suscite les craintes de beaucoup de femmes enceintes, et pour cause, il demeure un geste médicale qui n’est pas anodin. Pour lever certains doutes et prendre conscience des risques les plus courants, voici les avantages et les inconvénients de la péridurale.

Comment se déroule une anesthésie péridurale ?

Un anesthésiste administre l’analgésique en insérant un cathéter avec une fine aiguille dans l’espace entre deux vertèbres de la région lombaire et en le fixant avec un sparadrap. De cette manière, l’anesthésiste administre à la femme qui accouche un mélange de médicaments qui bloquent le stimulus douloureux dans la partie inférieure du corps sans l’endormir ou interférer avec sa force musculaire.

Normalement, l’analgésie est renouvelée par le médecin, qui remplit le cathéter de médicaments lorsque l’effet s’estompe. Le cathéter est retiré environ deux heures après l’accouchement. Si une césarienne non planifiée doit être pratiquée après le début du travail, le même tube est utilisé pour administrer une dose plus forte d’anesthésiant local et provoquer une anesthésie épidurale. Le cathéter peut ensuite être utilisé pour le traitement analgésique postopératoire.

Comme toute intervention médicale, l’anesthésie péridurale présente des avantages, mais aussi des risques et des effets secondaires négatifs, que vous devez connaître et évaluer afin de décider de recourir ou non à cette technique.

Anesthésiste qui pique une aiguille péridurale

Quels sont les avantages de la péridurale ?

L’anesthésie péridurale supprime la douleur, mais préserve la sensibilité de la mère aux contractions (qui sont perçues comme un stimulus non douloureux) et sa capacité à bouger et à pousser efficacement pendant la phase expulsive du travail. La future maman est ainsi plus détendue et plus disposée à collaborer activement à l’accouchement.

Cette technique est largement utilisée depuis les années 1970 dans le monde entier, et a atteint des niveaux d’efficacité et de sécurité très élevés. Elle peut être demandée à tout moment du travail, quel que soit le degré de dilatation du col de l’utérus, et donc également dans ses premiers stades.

La péridurale peut également être maintenu pendant la phase expulsive, lorsque l’effort de la femme et l’intensité de la douleur sont les plus grands. La présence du cathéter dans le dos ne limite en rien les mouvements de la mère et ne l’empêche pas de prendre la position qu’elle préfère.

Les médicaments administrés par la péridurale n’atteignent pas l’enfant à naître et sont parfaitement compatibles avec l’allaitement.

Quels sont les risques et effets secondaires de la péridurale ?

L’analgésie provoque souvent une baisse de pression chez la mère, ce qui l’oblige à passer la période du travail couchée et l’empêche de marcher ou de choisir des positions alternatives qui aideraient le bébé à descendre dans le canal de naissance.

En éliminant ou en réduisant fortement le stimulus de la douleur, la péridurale modifie les mécanismes hormonaux du travail à l’accouchement : elle bloque la sécrétion d’endorphines, les analgésiques naturels produits par l’organisme, et réduit la production d’ocytocine, à tel point qu’il est souvent nécessaire d’administrer cette substance pour stimuler les contractions.

Si, au cours de l’intervention, l’aiguille pique accidentellement la membrane durale, c’est-à-dire la membrane qui entoure la moelle épinière, un violent mal de tête peut survenir après l’accouchement, qui dure plusieurs heures ou plusieurs jours, ce qui oblige la femme à rester au lit, car la récupération se produit spontanément en cas de décubitus prolongé. Il s’agit toutefois d’un événement rare, survenant dans 0,1 % des cas.

L’utilisation de la péridurale est associée à une fréquence plus élevée d’accouchements opératoires, c’est-à-dire l’utilisation de la ventouse et de la manœuvre de Kristeller, c’est-à-dire la poussée manuelle du fond de l’utérus pour aider le bébé à sortir.

Cependant, cette association est en partie due au fait que l’anesthésie est plus fréquemment proposée dans les cas compliqués où un accouchement chirurgical est prévu.

L’accouchement sous anesthésie ne nécessite pas la présence continue d’une sage-femme et la future maman peut se retrouver seule à vivre le travail. Au contraire, les femmes qui ont établi une relation de confiance avec leur sage-femme abordent le travail et l’accouchement avec une plus grande confiance dans leurs propres ressources et moins d’anxiété et de peur. C’est pourquoi ils demandent plus rarement la péridurale.

Contre-indications particulières

La péridurale ne doit pas être utilisé chez les femmes présentant des troubles de la coagulation et/ou des plaquettes, en cas de lésions septiques de la peau au niveau du site d’injection, en cas de lésions de la dure-mère des méninges, d’allergies aux anesthésiques locaux ou aux conservateurs .

Enfin, comme le rachis, il est contre-indiqué pour les patients présentant des pathologies du système nerveux central.

Limites de son application

C’est une technique difficile à mettre en œuvre. Elle ne sera jamais adoptée en tant qu’anesthésie pure : elle ne donne pas la certitude absolue que la zone sera couverte et il faut beaucoup de temps pour qu’une anesthésie et/ou une analgésie adéquate s’installe.

La région péridurale est un espace « virtuel » contenant de la graisse, des fibres conjonctives, des vaisseaux sanguins et des liquides lymphatiques. Il peut donc en résulter une anesthésie dite « parcellaire », c’est-à-dire non homogène dans toute la zone au niveau de l’injection de l’anesthésiant.